


La 4ième édition de la FOire des Semences PAysannes du Cameroun (FOSPAC 4), tenue à Esse-Cameroun du 29 février au 02 mars 2024, a été riche en qualité, en quantité et en diversité tant des ressources humaines présentes que des ressources phytogénétiques exposées. Les données ci-après le témoignent :
1. Sur le plan humain
Sur les dix (10) délégations étrangères annoncées, sept (7) ont effectivement pris part à l’événement. Il s’agit : de la Côte d’Ivoire, du Congo Brazzaville, du Gabon, du Mali, de la RDC, de la suisse et de la France. Outre ces exposants venus des pays amis, plus de 400 petits agriculteurs, des opérateurs de l’agro-industrie locale, des médecins -herboristes et autres défenseurs de la cause des systèmes semenciers paysans et de la semence paysanne sont partis des 4 coins du Cameroun pour prendre activement part à cette fête du monde rural.








2. Du site de la foire
Couvrant une superficie de plus de 2000 m2, le site avait 2 principaux centres d’attraction :
a) un espace alloué à l’exposition des semences occupé par 400 exposants répartis dans 11 tentes. Plus 80 variétés de semences locales du Cameroun et d’ailleurs, aux couleurs bigarrées avec autant d’effluves ou senteurs ont été exposées, vendues ou troquées.
b) un espace réservé à la restauration regroupant une vingtaine de cuisiniers, qui avaient la lourde responsabilité de nourrir et de désaltérer en temps réel les centaines d’exposants et visiteurs présents à la foire. Il fallait surtout le faire dans l’observance stricte de la consigne des organisateurs, en adéquation avec le plus long mot de la FOSPAC 4 : » jemangeexclusivementlesmetsissusdessemencesexposéesàlafoire» ! Un pari tenu et réussi, donnant la preuve que l’import-substitution n’est pas qu’un simple slogan politique.
3. De la monnaie de la foire
Le RADD et ses partenaires ont reconduit pour la 4e année consécutive, cette monnaie fiduciaire dénommée » Mvong Nnam » ou les semences du terroir. C’est un concept qui consiste à faire circuler une monnaie scripturale, sur papier dont les coupures ont une valeur de 100 FCFA, 250 FCFA, 500 FCFA et 1000 FCFA. Chaque exposant régulièrement enregistré reçoit un kit contenant outre un cahier et un stylo, mais également une somme d’argent pour sa ration alimentaire pendant les 3 jours de l’événement ainsi qu’une somme d’argent lui permettant d’acquérir les semences dont il a besoin. Pour cette 4e édition, la rondelette somme de 1.700.000 FCFA a circulé dans le village de la foire entre les mains des exposants pour la restauration et l’achat des semences.



4. De la roue de la biodiversité
L’intérêt de cette activité est important. Ce jeu permet à chacun des acteurs présents sur le site de la foire de qualifier la biodiversité semencière de son terroir. Ainsi les 80 variétés de semences collectées ont pu être classifiées en plusieurs catégories :
1.les semences rares ;
2) les semences en voie de disparition ;
3) les semences inconnues ;
4) les semences disparues ;
5) semences abondantes.
Cet exercice a permis aux uns et aux autres d’identifier et de collecter les semences dont ils avaient besoin.
5. Du développement des thématiques
La thématique principale : « la promotion des systèmes semenciers paysans au Cameroun, bien comprendre le TIRPAA, l’UNDROP et l’UPOV », développée par Anne Berson DENA et Alimata TRAORE, expertes paysannes venues du Mali, a permis à l’auditoire de comprendre que si le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture ou le traité sur les semences (TIRPAA) et la déclaration des Nations Unies pour les Droits des Paysans et de tous les personnes intervenant à la terre ( l’UNDROP ) sont favorables aux droits des agriculteurs à conserver, échanger , utiliser et vendre leurs semences (art.9 du TIRPAA) à l’accès à la terre pour les femmes, enfants, personnes âgées, handicapées, victimisées (art. 4 à 7 UNDROP). L’Union Internationale pour la protection des Obtentions Végétales (l’UPOV) prive tout obtenteur d’un certificat de tout droit à jouir de ses semences. L’UPOV a comme instrument d’exécution l’OAPI.En effet, l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle est membre de l’ Union Internationale pour la Protection des Obtentions Végétales.À travers l’annexe X de ses accords de Bangui, l’OAPI et ses pays membres ( dont le Cameroun ) et la ratification de la version UPOV 91, les obtenteurs ( publicd ou privés ) peuvent demander des droits exclusifs de propriété intellectuelle et industrielle sur des variétés Nouvelles, Distinctes, Homogènes et Stables. Le droit des paysans à ressemer dans leurs champs ces variétés deviendrait alors un soi-disant privilège laissé par l’obtenteur à condition que le paysan ne l »utilise pas à des fins commerciales.Cherchez l’intrus dans ces textes internationaux !
S’inspirant de l’exemple du Mali, les 2 expertes ont encouragé les participants à défendre bec et ongle leurs droits à la semence et à la terre, et à pousser leurs gouvernants à reconnaître les Systèmes Semenciers Paysans et la semence paysanne.
Dans son exposé sur les dynamiques agroécologiques au Cameroun, Dr Rodrigue KOUANG a expliqué le processus qui a abouti à la mise en place du Réseau pour la Promotion de l’Agroécologie au Cameroun (REPAC) qui regroupe une trentaine d’ONGs camerounaises. Ce réseau a pour objectif de promouvoir les systèmes agroécologiques au Cameroun.
Il a par ailleurs mis l’accent sur l’utilisation des nouvelles technologies par les agro-industries semencières pour breveter certains caractères de nos semences paysannes sans avoir besoin de la semence physique. Il a donc exhorté les agriculteurs à se mettre en réseau pour avoir plus de force afin de défendre leurs droits sur leurs semences, et pour trouver des ressources nécessaires pour soutenir les dynamiques nationales de défenses de droits des paysans sur leurs semences.
L’INADES-FORMATION Cameroun,représenté par M. MEIGNO BOKAGNE Raphaël,a, dans la même optique des dynamiques agro-écologiques au Cameroun, argumenté sur le nécessaire accompagnement des producteurs à travers le projet CCAB/ PCAC et le FADER qui sont des structures de regroupement des petits agriculteurs pour leur renforcement des capacités et la promotion de leur autonomisation économique.Le CCAB étant le Centre de Connaissance en Agriculture Biologique, et le FADER ou Forum des Acteurs du Développement Rural.Il a terminé sa communication en se demandant s’il n’était pas déjà temps pour les petits agriculteurs de se lancer dans l’Entrepreneuriat Semencier Paysan ( ESP ).Ce concept, nouveau, a suscité des craintes au sein des producteurs qui souhaitent davantage le connaître .En effet, beaucoup de petits producteurs pensent qu’un système entrepreneurial sur la semence paysanne rejoindrait les entreprises capitalistes productrices des semences commerciales rejetées par les paysans et qui conduirait à la perte de toutes les valeurs connexes (culturelles, cultuelles, solidaires, traditionnelles) que justifient les semences paysannes.
Une recherche en cours effectuée par le CRAPAC, présenté par Dr LIKENG sur le comportement du haricot local acheté lors de la FOSPAC 3 et sa résistance face aux champignons, a livré ses premiers résultats. Deux des 4 variétés choisies ont montré une certaine résistance aux champignons alors qu’une autre variété bien que n’étant pas résistante possède une bonne production. Cette étude continue et présentera ses résultats définitifs dans les années à venir.
Enfin, le juriste du RADD, YOUMSSI EYA, a donné une lecture expliquée de la déclaration d’Esse révisée à Nanga-Eboko, ainsi que le cadre juridique proposé par l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA) sur la question de la reconnaissance des systèmes semenciers paysans et de la semence paysanne. L’objectif étant que les dernières révisions soient faites avant le dépôt de ladite déclaration auprès des autorités étatiques. A ce propos, Mme Alimata Traoré a attiré l’attention de l’expert à ne pas adopter in extenso la terminologie utilisée par AFSA, mais plutôt à l’adapter au contexte des différents Etats.



6. Des ateliers pratiques
Les participants de la FOSPAC 4 ont également bénéficié d’une formation sur la production des répulsifs naturels présentés par Francis ANO, expert de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE) de la Côte d’Ivoire. Ce répulsif remplace les pesticides chimiques dans les systèmes de production agroécologique.
Les participants de la FOSPAC 4 ont également bénéficié d’une formation pratique par l’expert FOUKENA Ismaël du FADER sur la production des Plants Issus des Fragments de tiges de l’igname et du bananier plantain. Cette technique permet aux producteurs d’augmenter leur capacité de production des semences de bananier plantain et d’igname et répondre ainsi à la grande demande desdites semences sur le marché.












7. De la marche pour la souveraineté semencière en Afrique
Cette marche de la souveraineté semencière a regroupé plus d’une centaine d’exposants au rang desquels le Maire de la Commune d’Esse.
Tous les exposants venus du Cameroun et d’ailleurs ont scandé des messages en faveur de la promotion des semences paysannes et la reconnaissance des systèmes semenciers paysans par les politiques nationales.
Le message fort qui a animé cette marche de la souveraineté semencière était celui-ci : « La semence paysanne, notre identité ». La semence paysanne a été célébrée en chanson par les femmes des cases de semences paysannes qui s’approprient le processus de la promotion des Systèmes Semenciers Paysans.




8. De l’animation culturelle
L’animation culturelle a été un moment fort de la FOSPAC 4. Animé par M EVINA NDENGUE André du RADD a permis aux exposants de se divertir et de célébrer la semence paysanne dans toute sa diversité culturelle. Il faut noter que dans cette diversité il y avait tous les exposants venus des 7 pays présents et de toutes les régions du Cameroun.
9. Des résolutions fortes
Au rang des grandes résolutions, on retient que :
CONCLUSION
La forte mobilisation des acteurs ruraux venus du Cameroun et d’ailleurs a mis en exergue la pertinence de l’initiative et la nécessité de pérenniser la Foire des Semences Paysannes du Cameroun devenue Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale lors de cette 4e édition.
Les organismes d’appui au développement doivent accompagner la mise en œuvre de la FOSPAC et les dynamiques de défense des systèmes semenciers paysans en soutenant les communautés locales, particulièrement les paysannes, gardiennes de cet héritage semencier, qui collectent, préservent, valorisent la semence paysanne et produisent des aliments sains qui assurent le bien-être des populations.
Ce processus d’accompagnement des acteurs ruraux doit leur garantir, de façon durable et inclusive, la souveraineté semencière. La Promotion des Systèmes Semenciers Paysans est essentielle et doit permettre à tous, sans distinction aucune, d’accéder à la souveraineté alimentaire et nutritionnelle.
Le RADD remercie tous ceux qui, de près ou de loin ont contribué à la réussite de cet évènement unique dans la sous-région qui célèbre les systèmes semenciers paysans et la semence paysanne.
Du 27 février au 1er mars 2026, Essé a vibré au rythme des semences paysannes avec la 6ᵉédition de la Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale (FOSPAC6). Organisée par le RADD avec le soutien de partenaires tels que EPER Suisse, ACJM, FIAN International, AgroEcology Fund, AFSA, SAILD, ISSAHE et CRAPAC, cette rencontre a rassemblé acteurs ruraux, femmes agricultrices et représentants des collectivités locales autour d’un objectif commun : préserver et valoriser le patrimoine génétique local.
Placée sous le haut parrainage du Ministre de l’Agriculture, représenté par le Sous-préfet d’Essé, et soutenue par les ministères du Commerce et de la Promotion de la Femme et de la Famille, la FOSPAC6 a mis en lumière le rôle central des communes dans la sauvegarde des semences paysannes.
Le thème de cette édition :« Les Cases Communautaires des Semences Paysannes, creuset de la sauvegarde du patrimoine génétique local : quelle implication des communes ? » incitait à réfléchir sur la manière dont les collectivités peuvent soutenir les systèmes semenciers paysans, piliers d’un développement rural résilient et durable.
Les recommandations et résultats de la FOSPAC6 sont désormais disponibles ! Découvrez comment protéger les semences, renforcer le rôle des femmes et soutenir les communautés rurales.
À l’issue de la cinquième édition de la Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale (FOSPAC), tenue du 21 au 23 février 2025 à Esse, le RADD met à la disposition du public le rapport officiel de l’événement. Ce document retrace les différentes étapes de l’organisation de cette grande rencontre sous-régionale dédiée à la promotion des systèmes semenciers paysans.
Le rapport présente notamment les travaux préparatoires, le déroulement des activités, la participation des acteurs venus du Cameroun et d’autres pays africains, ainsi que les principales innovations et enseignements tirés de cette édition. Il met également en lumière la diversité des semences paysannes exposées, les échanges d’expériences entre producteurs, chercheurs et organisations partenaires, ainsi que les perspectives pour renforcer la souveraineté alimentaire et la préservation de la biodiversité agricole.
Ce rapport constitue ainsi une ressource importante pour tous les acteurs engagés dans la promotion et la protection des semences paysannes en Afrique centrale.
Le HUB COP30 RADD CAMEROUN, encore appelé HUB de résistance, crée un espace d’expression pour les femmes rurales dont l’activité principale qui est l’agriculture se trouve fortement déstabilisée par le changement climatique.
L’activité à été impulsée par AWID, une organisation féministe mondiale.
Pendant 3 jours, plus 100 femmes du Cameroun ont analysé les causes, les effets, les impacts des changements climatiques sur leur quotidien. Dans une ambiance studieuse et conviviale, elles ont élaboré des stratégies et des solutions appropriées pour s’adapter au changement climatique qu’elles ont consigné dans une déclaration commune.
Le RADD et la COFECCC remercient AWID, l’ACJM, la Sanaga Camping Beach et tous les partenaires qui ont rendu possible cette belle initiative.
L’Agro-industrie désigne l’ensemble des entreprises industrielles qui fournissent des biens à l’agriculture (engrais, pesticides, machines) et de celles qui transforment, élaborent et conditionnent les produits agricoles (industrie agroalimentaire) Autrement dit, elle regroupe les activités de production, de transformation et tout autre activité fournissant des intrants à la production/transformation des produits agricoles.
L’article a pour objectif d’analyser la prise en compte des piliers du développement durable par les agro-industries au Cameroun A cet effet, la présente recherche est centrée sur 4 agro-industries que le RADD peut valablement analyser car il accompagne depuis des années, les associations de femmes riveraines qui leur opposent une résistance farouche Il s’agit de SOSUCAM, HEVECAM, SOCAPALM, et SUDCAM-HEVEA
Dans cet article, le RADD démontre que les agro-industries constituent dans leur essence, un frein au développement durable des communautés riveraines qui pourvoyeuses de terres
Chers acteurs du monde rural, paysans, chercheurs, universitaires du Cameroun et d’ailleurs, la FOSPAC 6 aura bel et bien lieu au Cameroun, l’Afrique en miniature, le « Continent », du 28 février au 1er mars 2026 pour pérenniser cette dynamique de promotion de la Semence Paysanne lancée par le RADD depuis 2020.
Et depuis 2021, la FOSPAC est organisée dans ce sens. Et en 5 ans, des résultats sont encourageants.
Tenez ! 8 cases de semences paysannes sont créées avec des équipes de gestionnaire installées. Une douzaine est en cours de création à travers le pays. Ces cases servent à conserver et à sauvegarder la semence paysanne.
Nous invitons donc les Administrations, les ONGs, tous ceux qui pensent comme le RADD, que la semence paysanne est un pilier pour le développement des systèmes alimentaires sains et durables, à s’investir pour la réussite de ce grand rendez-vous des jeunes, des vieux acteurs du monde agricole afin d’assurer la souveraineté semencière et alimentaire à tous.
Nous lançons un plaidoyer à l’endroit de nos États pour la défense des droits des paysans ; un plaidoyer pour dire non à l’UPOV..
Nous restons convaincus que nous aurons un monde sans effets néfastes du changement climatique grâce à une agriculture resiliente, biologique, saine, sans engrais chimiques de synthèse.
Sauvegardons nos systèmes semenciers paysans, pillier de l’agroecologie paysanne pour une agriculture durable, pour des aliments sains et une bonne santé.

Le présent rapport constitue une évaluation post-distribution réalisée par L’AYEM (Association Yembarack En Marche), afin d’évaluer l’état des plants, l’appropriation de leur culture par les bénéficiaires ainsi que les impacts environnementaux et socioéconomiques de cette initiative.
Le lundi 20 Octobre 2025 dès 10h s’est ouvert l’atelier organisé par AFSA pour outiller les représentants des organisations paysannes venus de 10 pays d’Afrique Centrale sur un instrument en cours d’adoption le protocole sur les droits de propriété intellectuelle de la Zone Africaine de Libre Echange (ZLECAF), le système multilatéral (MLS) défini par le Traité International sur les Ressources Phytogénétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture (TIRPAA), le mécanisme d’Accès et de Partage des Avantages (APA) du protocole de Nagoya et les Informations sur le Séquençage Numérique (ISN). L’atelier qui s’est déroulé durant deux jours dans la salle de conférence de l’Hotel Paradisia de Cotonou avait pour objectif de renforcer les connaissances et les capacités de plaidoyer des organisations d’agriculteurs afin qu’elles puissent s’engager de manière éclairée et significative sur ces instruments et processus.
La première journée de l’atelier a débuté par l’accueil et l’installation de la trentaine de participants présents dans la salle, suivi d’un mot d’ouverture de M. FAMARA, coordonnateur de programme dans l’organisation AFSA en charge de l’organisation de l’atelier, et le mot de bienvenue de M. Patrice SAGBO qui a joué un rôle important de facilitateur pour la logistique. Par la suite, la parole a été donné à un responsable du Ministère de l’environnement du Bénin, Point Focal honoraire Bénin du TIRPAA pour le mot d’ouverture et de lancement officiel de l’atelier. Une fois le programme validé par tous les participants, on a procédé à la traditionnelle photo de famille suivi de la pause déjeuner.



De retour de la pause, les travaux ont pu débuter avec la première présentation de M. FAMARA sur les implications de la ZLECAF pour les systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique.
La présentation s’adossait sur un rapport de AFSA publié en août 2024 intitulé « déballage du protocole de la ZLECAF sur les Droits de Propriété Intellectuelle (DPI) ». En résumé, la ZLECAF dont le texte a été ratifié par 54 Pays Africains est entré en vigueur le 21 mars 2018. Elle vise à stimuler le commerce intra-africain et la transformation économique à travers la création d’un marché unique de biens et de services libéré des droits de douane et des barrières non tarifaires. Un tel marché représente une opportunité pour l’agriculture africaine car selon les prévisions, elle pourrait permettre de stimuler les échanges intra africain dans le marché agricole de 574% d’ici 2020, favoriser un marché unifié pour les intrants agricole et booster la recherche et le développement dans le domaine de l’agroécologie. Cependant de nombreux risques demeurent et génèrent des craintes pour les systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique. Il s’agit de l’absence de cadre juridique unifié qui promeut et protège les droits des paysans sur leurs semences dans les pays africains, de l’absence d’un régime commercial simplifié et surtout adapté aux petits exploitants agricoles.
Pour ce qui est du protocole DPI, dans un sens, il représente une opportunité car il pourrait offrir plus de choix aux agriculteurs en termes de semences, sauvegarder les savoirs traditionnels associés aux semences paysannes, et renforcer le système de protection des semences et la souveraineté semencière puisqu’il oblige les obtenteurs à divulguer l’origine du matériel génétique qu’ils ont exploité. Cependant compte tenu du fait que l’Union de Protection des Obtentions Végétales et par extension l’ARIPO et l’OAPI ont largement façonné ce protocole, il est possible d’envisager qu’il va plus favoriser les entreprises semencières que les paysans. Ce d’autant plus que le protocole ne définit pas de manière précise les droits des paysans, ne les protège pas contre la biopiraterie et ne prévoit pas suffisamment de mécanismes de recours pour les communautés et les petits exploitants agricoles en cas de violation de leurs droits.
A la suite de M. FAMARA, le Dr. Mame Codou GUEYE, Chercheure à l’Institut Sénégalais de Recherche Agricole (ISRA) a fait une présentation sur la signification du protocole de la Zlecaf sur les DPI en matière de semences et résultats des consultations au Sénégal.
Le Dr GUEYE a introduit son propos en présentant de manière sommaire le système semencier du Sénégal qui est constitué à 80% de semences paysannes. Elle a rappelé l’importance des semences paysannes pour la souveraineté alimentaire et l’identité culturelle des communautés mais elle a pointé du doigt le fait ces semences sont exclues du cadre juridique défini par la Loi N°94-81 du 23 décembre 1994, relative à l’inscription des variétés, à la production, à la certification et au commerce des semences ou plants et ses trois décrets d’application (tous en date du 17 juin 1997) qui s’arriment à la règlementation de l’UEMOA et de la CEDEAO en la matière (resp. C/REG.4/05/2008, N°3/2009/CM/UEMOA), l’UPOV et l’OAPI avec le protocole DHS. Fort de ce constat et du fait pour que les semences paysannes passent d’un marché de niches à un marché industriel, elles doivent remplir des critères de qualité, elle a insisté sur l’importance de les identifier, caractériser et cataloguer selon un processus scientifique rigoureux. C’est dans ce sens que l’ISRA a entamé une étude visant à procéder au catalogage des semences paysannes suivant le protocole DHS défini dans la loi et approuvé par l’UPOV. Les expérimentations sur deux espèces, le fonio et l’aubergine africaine ont démontré que ces espèces sont distinctes, présentent une certaine homogénéité et elles sont stables. Le Dr a conclu qu’il est parfaitement possible d’inscrire les semences paysannes dans le même catalogue que les semences certifiées ce qui a suscité de vives réactions lors des échanges beaucoup estimant que c’était un peu plus déposséder les communautés locales de leurs semences. De manière générale, la création d’un système de d’identification, de caractérisation et de catalogage propre aux SSP a été beaucoup évoqué par l’assistance.
Par la suite, les participants ont pu également s’exprimer sur la proposition de AFSA en ce qui concerne le protocole ZLECAF avant de se rendre à la pause. Elle s’articule en 5 points : la Reconnaissance des droits des agriculteurs au même titre que ceux des obtenteurs ; la préservation de la souveraineté des États et la protection des pays les moins avancés (PMA) ; l’inclusion des variétés paysannes et locales dans le système de protection (le point le plus contesté car il s’agit de s’arrimer au système UPOV) ; la limitation des restrictions et des sanctions à l’encontre des agriculteurs ; la transparence, le partage des avantages et la protection des savoirs traditionnels.
L’après-midi a été particulièrement chargée avec trois présentations successives. La première était une présentation par visioconférence du Dr. SOULAMA Soungalo sur le TIRPAA et les enjeux du Système Multilatéral (SM). Elle a été difficile à suivre en raison des lenteurs de la connexion internet qui ont affecté la qualité de la visioconférence toutefois il en ressort les éléments suivants :
L’intervention du Dr. a fait l’objet de quelques questions mais a dû être écourtée en raison des lenteurs de la connexion internet.
Le COPAGEN, représenté par Jean Paul SIKELI de la Côte d’ivoire, a une présenté sur les enjeux du mécanisme d’accès et de partage des avantages du protocole de Nagoya.
Les ressources génétiques sont vitales pour l’agriculture et toutes les activités apparentées. Elles sont liées à la culture et l’histoire des peuples. Avant la Convention sur la Diversité Biologique, les ressources génétiques faisaient partie du patrimoine commun de l’humanité ce qui rendait leur accès libre et empêchait tout partage éventuel des avantages. Cela a été formalisé dans un texte non contraignant de la FAO intitulé l’engagement international, et a fait l’objet de tensions entre les pays du Nord utilisateurs et les pays du Sud détenteurs ressources génétiques. La CDB est venue marquer un changement majeur en proclamant la souveraineté des Etats sur leurs ressources génétiques. Elle reconnait également le rôle capital des communautés autochtones et locales sur la préservation des ressources génétiques et l’importance de valoriser les savoirs traditionnels. La CDB poursuit globalement trois objectifs : Conservation, utilisation durable des ressources et le partage juste et équitable des avantages (APA).
C’est ce dernier objectif qui justifie l’adoption du protocole de Nagoya qui vise à faciliter l’accès aux ressources génétiques au profit des chercheurs et autres sélectionneurs en quête de matériel génétique et garantir le partage juste et équitable des avantages qui découlent de leur utilisation. Concrètement le partage définit la relation entre l’utilisateur et le fournisseur. Pour exploiter le matériel génétique l’utilisateur doit obtenir Consentement préalable et éclairé donné en connaissance de cause qui prends la forme d’une autorisation délivrée par l’Etat. Par la suite, il doit convenir avec les communautés de Conditions Convenues d’un Commun Accord pour le partage juste et équitable des avantages générés à partir de cette utilisation. Ces avantages listés dans le protocole de Nagoya, peuvent être d’ordre monétaires comme non monétaires. Pour le formateur, les enjeux liés au mécanisme APA peuvent bénéfiques (Partage des redevances, le transfert de technologies, l’utilisation durable des ressources génétiques) mais ne sont pas à l’avantage des pays africains pour les raisons suivantes :
Pour conclure, L’APA est l’officialisation de la marchandisation du vivant. Il fonctionne comme un couteau à double tranchant. Ce qui pose de nombreuses questions quant à sa pertinence au niveau africain. Doit-on valider ce mécanisme en Afrique au vu des déséquilibre dans les rapports Nord-Sud ? peut-on les sacrifier sur l’autel du libre-échange ?
Pour le COPAGEN, les autorités des pays africains doivent assurer la préservation des ressources génétiques par des lois. Elles doivent exploiter l’ouverture de l’accord de Marrakech pour définir des systèmes de protection de ressources génétiques adaptées à nos valeurs. Elles doivent investir dans la recherche et développement au profit des CAL, dans la dynamique des rapports Sud-Sud.
Les réactions ont surtout souhaité relever le fait que le mécanisme APA n’est pas dénué d’intérêt pour les Etats Africains. Le problème se situe surtout au niveau de la disponibilité des fonds destinés au partage des avantages et de la redistribution équitable de ces avantages aux communautés.
La dernière présentation de la journée a été effectué par M. SILGA Lucien Omer Wendyahoda, du Burkina Faso. Il a entretenu l’assistance sur les enjeux sur les Informations de Séquençage numérique (DSI).
L’ISN (DSI) provient de la numérisation de l’information contenue dans le matériel génétique des organismes vivants (plantes, animaux, micro-organismes, etc.). Cette information correspond aux séquences d’ADN, d’ARN ou d’acides aminés, traduites en données numériques à l’aide de techniques de séquençage. Cette technique présente plusieurs enjeux au niveau scientifiques et technologiques ; économiques et stratégiques ; juridique et éthique ; politiques et géopolitiques.
Pour SILGA, il faut une refondation du droit international de la biodiversité en définissant le statut juridique des ISN et une mise en œuvre des recommandations de la COP16 de la CDB en novembre 2024, qui avait abouti à l’adoption les modalités de mise en œuvre du mécanisme multilatéral de partage des avantages découlant de l’utilisation de l’information de séquençage numérique et du fonds y afférent dénommé fond Cali. Par ailleurs, Il faut que les Etats africains garantissent leur souveraineté sur ces données par la création des infrastructures adaptées de stockage et de séquençage des données et la maitrise de ces nouvelles technologies.
Les réactions, nombreuses malgré l’heure tardive, ont essentiellement porté sur l’urgence de se positionner en ce que concerne cette technologie qui représente un risque pour les droits des paysans et des communautés sur leurs semences étant que nos Etats n’en auront pas la maitrise et que le cadre international restera flou.
Avec cette dernière présentation s’est achevée la première journée d’atelier, extrêmement enrichissante.
Journée de clôture
La deuxième et dernière journée de l’atelier était consacrée aux actions à mener au niveau national et international. Elle a débuté par un partage d’expérience des points Focaux TIRPAA du Cameroun, du Niger et du Bénin sur ce qui se passe lors des réunions internationales. Ils ont surtout mis en avant le manque de préparation des Etats pour la participation à ces réunions internationales, le manque de ressources allouées aux points focaux que ce soit au niveau international ou au niveau national et les difficultés pratiques qu’il rencontre lors des négociations.
Par la suite, les participants ont été divisé en groupe de travail constitué selon la nationalité des participants. Ainsi nous avons rejoint le groupe composé des participants venus du Cameroun, du Tchad et de la République Centrafricaine, soit 5 personnes. Comme souvent nous avons été désignés rapporteur du groupe et les échanges ont duré 40 minutes.
Ci-dessous les résultats du groupe de travail qui ont été présenté et dont la majeure partie a été approuvé par AFSA et les autres participants.
| Pays | Situation-s à changer (problème-s) | Objectif-s | Activités | Responsable (s) |
| GROUPE CRT | ||||
| Cameroun, République Centrafricaine et Tchad | Protocole DPI : Le monopole du système UPOV, ARIPO dans le marché de la ZLECAFLes dysfonctionnements de l’intégration sous-régionale | Protocole DPI : La promotion et la protection des systèmes semenciers paysans et l’équité dans les échanges au niveau sous-régional | Protocole DPI : Mettre en place des cases de semences paysannes et les banques de semence (a minima au niveau national)Organiser des foires semencières Mettre en place de comités paysans d’identification, de caractérisation et catalogage des semences Créer une base de données sécurisée sur les savoirs traditionnelles | RADD, PROPAC, AFSA, SWISS AID, PF TIRPAA (en appui), PF ZLECAF |
| MLS TIRPAA : La méconnaissance du MLS par les principaux acteurs (chercheurs, paysans) L’absence de répertoires actualisés des RPGAA disponiblesManque d’infrastructures de conservation (promouvoir les banques de semences communautaires et nationales)Faible partage des informations (traité et MLS) Le manque de financement (pour mener des actions communes et efficaces)Faible collaboration des administrations avec les organisations de la société civile et les communautés locales à la base Absence de mesures nationales pour la mise en œuvre du MLS | MLS TIRPAA Objectif 1 : Mettre en place des mécanismes de vulgarisation du TIRPAA (réunions, rapports, études, articles etc) Organiser les campagnes de sensibilisation auprès des instituts de recherche Objectif 2 : Plaider pour l’opérationnalisation du poste de point focal Objectif 3 : Organiser des rencontres de concertation des acteurs impliqués dans la gestion des RPGAACréer de plateformes et de réseaux nationaux et sous régionaux Plaider pour la révision des lois semencières | PF TIRPAA, RADD, PROPAC | ||
| APA NAGOYA Manque de clarté du mécanisme de partage des avantages Faible mise en œuvre globale du protocole au niveau national Manque d’efficacité du mécanisme de partage des avantages | APA NAGOYA Objectif 1 : Plaider pour la concrétisation des droits des paysans dans le cadre de l’APA (Campagne de sensibilisation, point presse etc.) Objectif 2 : Organiser des réunions avec les administrations pour attirer leur attention sur l’importance de définirdes mesures nationales (étude, rapports) | RADD, AFSA | ||
| DSI Organiser des sessions de formation à l’attention des administrations concernées sur l’INS et ses enjeux Encourager l’orientation de la recherche vers les DSI | RADD, PROPAC, PF TIRPAA (En appui) | |||
| DSI L’absence d’infrastructures de stockage et de séquençage Transfert de technologie inexistant Manque de financement par les EtatsCadre juridique non opérationnel Manque d’expertise dans le domaine | MLS TIRPAA Objectif 1 : Renforcer les capacités techniques et opérationnelles des acteurs Objectif 2 : Améliorer le mode de fonctionnement des points focaux Objectif 3 : Renforcer l’implication des institutions concernées dans la mise en œuvre du TIRPAA | |||
| APA : Objectif 1 : Améliorer le mécanisme de partage des avantages Objectif 2 : Encourager les Etats à définir des mesures nationales APA | ||||
| DSI : Encourager les Etats à investir dans l’INS | ||||
Suite au passage de tous les groupes, la cérémonie de clôture a pris le relais avec les mots de M. FAMARA, de M. SAGBO, du Point Focal du TIRPAA Bénin, et de Mme. La représentante du Ministre du Commerce du Bénin pour marquer la clôture effective des travaux.
Le reste de la journée libre a été ponctuée par la visite de la place de l’amazone et un diner dans un restaurant proposant uniquement des spécialités culinaires à base de poissons.
Bilan et recommandations
La participation à l’atelier de renforcement des capacités des organisations paysannes sur le protocole annexe de la ZLECAF relatif aux Droits de Propriété Intellectuelle (DPI), au Système Multilatéral (MLS), à l’accès et au partage des avantages (APA) et aux informations sur le séquençage numérique (INS) a été un moment de découverte, de partage, d’échange et de gain d’expérience. Nous en retirons du positif pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique. Il faut impérativement :

Le Hub Cop30 ou Hup de résistance par l'action.
En Novembre 2024, La COFECCC a defini sa feuille de route au travers des notes conceptuelles élaborées à Mbalmayo.
Pendant le Hubcop30, un accent sera mis sur la recherche des voies et moyens pour la mise en oeuvre de ce projet de société des femmes camerounaises face à la crise climatique. Des professionnels de la recherche du financement sont deja mobilisés pour nous accompagner. Comment partir d'une idée de projet à son implémentation. Ce sera une articulation centrale qui doit conduire à des pistes réelles, opérationnelles pour trouver des moyens de la réalisation les projets issus de notre recceuil de 50 notes conceptuelles. C'est la réponse des femmes du Cameroun aux changements climatiques, nos solutions que nous devons faire connaître aux decideurs, partenaires techniques et financiers. Proposer ses propres solutions qui sont des solutions feministes est aussi une façon de resister aux solutions qui nous sont imposéses par des corporations, les multinationales soutenues par les pays du Nord pollueurs et à plus de 90% responsables de la crise climatique.
Une autre articulation sera de rejoindre nos représentants à Belem, à la Cop30 pour qu'ils nous donnent le compte rendu du déroulement de la COP. Nous comprendrons beaucoup mieux ce qu'est la COP et comment elles nous impactent au quotidien.
La troisième articulation nous permettra d'aller dans les années 60 pour comprendre les valeurs originelles de la forêt et de l'eau dans notre vie d'aujourd' hui. Ce sera pendant la journée du 19 novembre que nous appellerons la journée des années 60. L'articulation sur le bien être est particulière. Nous allons devoir profiter de l'espace, forêt, eau, du fait de la preésence de la Sanaga, le sport, le camping, les seigneurs de la forêt, les pygmées qui seront gracieusement à notre disposition pour nous permetre de se refaire des forces, des énergies, se détendre, faire un silence, une véritable reconnection à la terre, à l'eau. Voilà en bref, l'aperçu du bouquet que nous offre le HUBCOP30 à la SANAGA CAMPING BEACH.
*RENDEZ-VOUS DU 18 AU 19 NOVEMBRE 2025 A NKOTENG.

Le RADD a été convié par la Fédération des Associations d’Agriculteurs du Bénin (FAEB) à la 8ème édition de la Foire Semencière Agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition placée sous le thème : « Pour une souveraineté alimentaire avérée, promouvoir l’agroécologie » qui s’est déroulé du 17 au 19 Octobre dans l’esplanade de la Commune d’Aplahoué, Département du Couffo au Bénin.
Le RADD représenté par YOUMSSI EYA Yvan Lionnel faisait partie d’une délégation composée de ressortissants de 10 pays d’Afrique centrale, de l’Ouest et de l’Est : le Sénégal, le Mali, le Burkina Faso, Le Niger, le Tchad, la République Centrafricaine, la Côte d’ivoire, L’Ouganda et le Cameroun.
Le site de la Foire était composé d’une soixantaine de stands bien achalandés de semences paysannes, de produits transformés (croquettes, liqueurs, mets locaux, pharmacopée traditionnelle) et de produits forestiers non ligneux.
Journée d’ouverture
La journée d’ouverture, le 17 octobre a été marqué par une cérémonie à laquelle ont pris part le Préfet de Couffo, le Maire de la Commune d’Aplahoué, les chefs traditionnels et de nombreuses organisations invitées. Face à une foule composée de locaux et d’exposants les prises de parole se sont enchaînées. Les leaders du FAEB M. Patrice SAGBO et M. Pierre BEDIE ont exprimé leur joie et leur satisfaction de voir tant de personnalités et d’autorités réunies pour la foire.
Par la suite, M. FAMARA Diédhiou, Coordonnateur programme à l’Organisation Alliance for Food Sovereignity (AFSA) partenaire de la Foire et en charge de la délégation étrangère, a pris la parole pour sa communication inaugurale sur les « Semences paysannes : Signification ; Enjeux ; Défis ; Perspectives ».
Il a ainsi relevé les diverses significations de la semence paysanne sur le plan biologique, culturel et cultuel. La semence c’est la vie de manière générale et elle fait face à de nombreux défis liés à la protection ses semences contre la biopiraterie, la valorisation de leur capacité à résister aux changements climatiques et à garantir la souveraineté alimentaire et la justice économique des peuples.
Par la suite, le Préfet de Couffo a pris la parole pour son mot d’ouverture. Il a salué cette initiative dont il a bien saisi les enjeux, remercié les organisateurs, ses populations présentes et les membres de la délégation étrangère avant de procéder au lancement officiel de la 8ème édition de la Foire Semencière agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition par la coupure solennelle du ruban. Cette dernière a été suivie de la visite des stands lors de laquelle le Préfet n’a cessé de marquer son enthousiasme en rencontrant les exposants.


Un peu plus tard, la deuxième communication sur le thème femme rurale et leadership a débuté. Elle a essentiellement consisté en la prise de parole de femmes ayant pris part à l’atelier d’échanges sur les leviers d’émancipation des femmes rurales en Afrique francophone et de certains responsables d’organisations féministes. Le partage d’expériences a été riche et on a pu apprendre comment les femmes trouvent des stratégies pour concilier leur besoin d’autonomisation et leur place de mère et d’épouse dans la famille.
Le programme s’est poursuivi dès 19h30 avec le diner agroécologique. Il s’agissait d’une activité réunissant un parterre d’invités dont le Préfet du département de Couffo dans une salle bien aménagée. La soirée, animée par Patrice SAGBO, a commencé avec des histoires racontées par les invités le temps que le préfet soit présent. Une fois le préfet installé, le diner proprement dit a pu suivre son cours avec la présentation par FAMARA de sa communication inaugurale sur les semences paysannes. Par la suite, M. Alexis Houndji (AquaDeD) a entretenu l’assistance sur le procédé et les vertus de la pisciculture agroécologique tandis que M. Jaurès Monkou, du FAEB a expliqué comment mettre en place un élevage agroécologique.


Ces présentations riches ont été applaudi et apprécié puis la place a été donné aux agapes durant lesquelles les convives ont échangé en toute convivialité jusqu’à 22h.
La note particulièrement positive de la soirée a été la remise par les organisateurs de la Foire de cadeaux à l’attention de M. le Préfet du Couffo pour le remercier de son engagement sans failles pour l’organisation de la Foire.
Journée du 18 Octobre
Le 18 octobre dès 9h la délégation étrangère en compagnie d’autres participants et guidée par le FAEB a été conduite pour la visite de la ferme agroécologique de M. Lonmadon. Une ferme située dans le village Gboyimè-KLOUEKANME dans le département du Couffo où on retrouve un espace assez vaste de terres, un élevage bovin et un étang pour la pisciculture. En prélude à la visite proprement dites, les participants ont revêtus des t-shirts confectionnés pour l’occasion et offerts par le FAEB et sont réunis sous une tente pour les présentations, nous y avons notamment appris que le propriétaire de le Ferme M. Lonmadon est un ancien Maire.



Par la suite et durant une trentaine de minutes, les participants ont pu observer l’élevage bovin de près et la traite du lait de ferme ; l’étang créé artificiellement à partir du lit d’un fleuve où selon les dires de M. Lonmadon lui-même, les poissons ne sont pas nourris avec des alevins mais plutôt avec ce qu’ils trouvent naturellement dans l’étang.
La visite s’est achevée par un repas communautaire à base de produits locaux notamment le pois d’angole, une variété de haricot beaucoup cultivée dans le département du Couffo.
De retour sur le site de la foire, nous avons pris part à la discussion sur le thème : Les pratiques agroécologiques pour maintenir la fertilité des sols et augmenter les rendements. La discussion animée par Lidwine Baloïtcha a suscité de nombreux partages de pratiques agroécologiques notamment l’utilisation de la cendre, de la bouse provenant de vaches nourries agroécologique pour fertiliser les sols. L’un des grands débats a été sur la notion de banque communautaire de semences et de cases communautaire de semences. Nous en avons retiré qu’au sens de l’Union Africaine et de la FAO le terme banque de semences a une portée plus large non seulement sur le plan géographique (Ensemble du territoire, région, département) mais aussi en terme de contenu il doit pouvoir rassembler toutes les espèces qui sont de son ressort géographique. Le terme cases de semences en revanche a une portée plus limitée. Bien qui ’essentielles, les cases de semences se limitent aux villages. Toutefois il faut dire que ce découpage ne fait pas forcément l’unanimité car le terme de banque a une résonance négative chez les paysans.
La dernière communication de la journée s’est faite à partir de la diffusion d’un documentaire sur les conséquences de l’utilisation des herbicides sur la biodiversité, l’environnement et l’Homme. Le documentaire, d’une cinquantaine de minutes a suscité de nombreux commentaires surtout en ce qui concerne la transmission des pratiques agroécologiques aux plus jeunes qui sont beaucoup plus tentés de faire recours aux engrais chimiques et herbicides pour faire rapidement du profit. Nous avons pu livrer l’expérience de la FOSPAC5 et de l’accent qui a été mis sur la dynamique générationnelle pour une agriculture saine et durable.
Journée de clôture
La cérémonie de clôture a débuté dès 13h en l’absence du Préfet malheureusement empêché. Devant une foule beaucoup moins nombreuse que lors de l’ouverture, M. Patrice SAGBO a pris la parole pour exprimer sa satisfaction et sa reconnaissance à l’endroit des membres de la délégation étrangère. Il a par la suite, invité M. FAMARA à prendre la parole pour un mot et l’autorité traditionnelle de la Commune d’Aplahoué pour son mot de clôture. Cette phase a laissé place à la remise des attestations de participation et du petit matériel agricole (brouette, pelle, fourche, machette) aux exposants qui se sont particulièrement illustrés durant la foire.

La délégation a été conviée pour un dernier repas sur le site de la foire avant de prendre la route en direction de Cotonou.
Bilan et recommandations
La participation à laFoire Semencière Agroécologique et de restauration des mets locaux en voie de disparition a été un moment de découverte, de partage, d’échange et de gain d’expérience. Nous en retirons du positif pour la reconnaissance des systèmes semenciers paysans et la souveraineté alimentaire en Afrique.
Nous retenons la nécessité de :